« Nous avions l’espoir qu’il était celui qui devait délivrer Israël » (Luc 24, v.21). Ces paroles, ce sont les disciples sur le chemin d’Emmaüs qui les ont prononcées. Car pour eux, Jésus était porteur de tous les espoirs … humains, politiques, terrestres.
Et puis…, patatra, désillusion ! Car Jésus est mort !
De nos jours, quel genre d’espoir les gens qui nous entourent ont-ils ? Notre monde est rempli d’espoirs, certes, mais des espoirs déçus, des espoirs tronqués. L’espoir, oui, mais quel espoir ?
Une des choses les plus magnifiques qui se passe dans cette histoire des disciples d’Emmaüs, c’est peut-être ce qui se produit avant qu’ils ne le reconnaissent : ‘alors qu’un homme est en proie aux plus grandes tentations, aux plus grands doutes, Jésus est déjà depuis longtemps auprès de lui. Il peut sembler que nous soyons entièrement abandonnés ; il peut sembler qu’il se soit entièrement détourné de nous ; il peut sembler qu’il n’y ait plus pour nous de Christ ; il peut sembler que Jésus et sa parole et l’Ecriture sainte soient devenus pour nous quelque chose de mort ; il peut sembler qu’il n’y ait plus rien à espérer – et en réalité, Jésus est depuis longtemps avec nous sur le chemin’, comme l’écrit le commentateur de l’Evangile de Luc Helmut Gollwitzer.
L’espérance, c’est le Seigneur Jésus ressuscité. L’espérance, c’est la vie après la mort, promise à tous ceux qui suivent ses traces jusqu’au bout. L’espérance chrétienne, c’est toute la Bible qui nous en parle (v.26-27). L’espérance chrétienne commence là où tous les espoirs humains s’arrêtent, car effacés, trahis, disparus. L’espérance, c’est la grâce de Dieu, c’est son amour inconditionnel et illimité pour nous les hommes. L’espérance, c’est la certitude qu’il est là, qu’il s’occupe de tous nos besoins (ici dans ce texte biblique, la fraction du pain, qui leur fait ouvrir les yeux ; est-ce ici un rappel de son dernier repas, la sainte Cène ?) Oui, l’espérance passe par sa mort, et c’est par sa mort que nous avons la vie. L’espérance, c’est que même lorsqu’il est absent (‘il disparut de devant eux’, v.31b), la joie est encore là, car il est encore présent, par son Saint-Esprit, qu’il a envoyé comme Consolateur, comme guide, comme conducteur dans toute la vérité (Jn.16 :13).
Oui, l’espérance, c’est sa présence constante à nos côtés, et ceci même quand on ne le reconnaît pas (cf. nos deux compagnons sur le chemin). Et l’espérance, elle oublie la fatigue, la lassitude : constatez en effet leur argument du v.29, puis leur réaction spontanée apparemment en contradiction du v.33 : leur joie et leur espérance leur font oublier et leur fatigue et leurs craintes de marcher dans la nuit jusqu’à Jérusalem (car toujours à la merci d’attaques de brigands) pour l’annoncer à leurs amis (v.34).
Avez-vous également cette joie et cette espérance qui vous font oublier vos fatigues, vos lassitudes, vos tranquillités égoïstes, pour aller l’annoncer aux autres ? Avez-vous cette joie et cette espérance qui vous font traverser les nuits du monde infestées des brigands modernes que sont les oppositions, les moqueries, les persécutions ? L’espérance ! Voilà le merveilleux message de Pâques !
Christophe Hahling, pasteur

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